Mais, enfin, Yoomy, je n'ignore pas que Wagner, avec sa remise à l'ordre du jour de la mythologie germaпіԛuе a servi de toile de fond aux puissants mouvements antisémites, qui se sont développés à la fin du dix-neuvième siècle en Allemagne, mais aussi en France, parmi des gens, chrétiens, qui s'offusquaient que des Juifs aient les mêmes droits civiques que les autres, et je n'ignore pas que Wagner a été utilisé par les nazis, dans leurs parades et leurs mises en scène de mаssе : il y a donc bien de l'idéologie, qui se mêle à l'opéra, comme à toute manifestation des arts.
Par exemple.
Le futuriste Marinetti a soutenu le fascisme, et a ргоstіtué sa plume à Benito Mussolini, cependant que le futuriste Maïakovski soutenait le régime soviétique, et que le cours stalinien - la contre-révolution stalinienne -, vidant sa vie de sa signification, l'amenait au suicide ; et les surréalistes, dont André Breton, qui détestaient les conventions, celles du roman, celles de la poésie établie, recherchaient les voies du rêve, de l'association libre des idées par l'écriture automatique, et ils se ralliaient - à l'inverse de Louis Aragon - aux courants anti-staliniens, au point qu'André Breton aura écrit avec Léon Trotsky un des plus beaux manifestes jamais écrits en faveur de la liberté artistique, le manifeste de la FIARI (Fédération Internationale pour l'Art Révolutionnaire Indépendant).
Voici le lien vers ce manifeste de la FIARI :
http://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1938/07/lt19380725c.htmMais dois-je t'avouer que j'ai failli posté le chant des Walkyries, et pas plus tard que tout à l'heure ? Suis-je un nazi qui s'ignore ? Je ne le crois pas. Admettons ce que Léon Trotsky, dans "Art et Révolution", un très beau volume de critiques littéraires, admettait : le relatif détachement de la sphère artistique par rapport aux déterminations politiques immédiates (ce qui l'amena à faire l'éloge du roman de Louis-Ferdinand Céline, "Voyage au bout de la nuit", en notant néanmoins que celui-ci exprimait le désespoir de la petite-bourgeoisie déclassée).
Voici le lien vers "Littérature et Révolution", de Léon Trotsky :
http://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/litterature/taЬmat.htmPour en revenir à Jiminy, fais-lui crédit d'une volonté, non pas d'envahir, mais de partager ; et, mettant de côté, en les neutralisant momentanément, les animosités dues aux différends politiques, profitons-en : est-ce possible ?
Il n'y aura là, de ta part, nulle compromission ou abdication ou complaisance, me semble-t-il ; seulement la reconnaissance d'une éventuelle beauté dans les extraits d'opéras proposés par Jiminy.Quant au fait de livrer de nombreuses références, c'est effectivement ma manière, mais elle déplaît à beaucoup qui y voient une longueur et une lourdeur didactiques, et une manière hautaine d'administrer une leçon, cependant je ne peux pas faire autrement (cf. mon sujet sur "Literatura de cordel & repentistas"), mais peu seront ceux qui s'astreindront à lire l'ensemble !