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││ Dossier 47-K – Accès interdit │
│ Scellés levés le 11 septembre 2025 │
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Derrière les scellés de la cour, quelques perles oubliées subsistent dans de vieilles archives poussiéreuses.
"Dix ans déja ! Dix ans que j'ai cessé d'exercer dans la police, depuis cet incident macabre qui hante chacune de mes nuits. Cet être difforme qui m'a défiguré en m'arrachant un œil. Je suis passé dans le privé, j'enquête comme je le peux à la recherche de la chose qui s'est attaqué à ma famille. Pour une raison que j'ignore, la justice m'a dessaisi de l'affaire. Mais qu'importe ! Si la justice se désintéresse de son sacerdoce, la soif de vengeance, elle, m'a servi de compagne pendant tout ce temps et je compte bien l'étancher jusqu'à l'ivresse. Plusieurs meurtres similaires à ceux qui ont dévasté ma vie se sont reproduits autour d'un vieux site mégalithique. Je suis sûr que le monstre s'y cache. Je vais m'y rendre avec mon fusil à роmре et rira bien qui rira le dernier !"
Léon Valère dit "La Gachette", 30 avril 1910 extrait du journal déchiré, pièce à conviction 24.
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"Ce jour-là, nombreuses furent les craquelures qui déformèrent la voute du ciel.
Chacune d'elles irradiait d'une lueur morte et de curieux appels torturés parvenaient à travers elles à se répandre par échos sur la lande ravagée, jusqu'à en rendre fous les survivants.
L'île de Crête venait de vivre la fin de sa gloire. Balayée par la fureur marine, l'onde implacable avait renvoyé les Minoens vers les abîmes du temps.
Au milieu des ruines, apparaissaient çà et là des silhouettes sibyllines et décharnées qui répondaient à ces appels en entonnant de macabres chants. Leurs voix rauques aux multiples complaintes, faisaient parler les disparus dans une élégie insoutenable."
Pièce à conviction 18, texte tatoué sur le cadavre d'un prisonnier retrouvé au fond d'une cavité rocheuse, près d'un site mégalithique breton, datation impossible.
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"En cette triste soirée d’octobre, je me rendis au mausolée de la ville. J’errais parmi les anciennes chapelles. L’une d’elles m’arrachait un sourire à chaque fois que je l’apercevais. Le portail en bois qui en scellait l’entrée était d’ébène sculpté et d’une imagerie très iconoclaste. Une curieuse épitaphe peinte en rouge sang attirait l’œil. Le message incrusté avait de quoi surprendre : « Ci-gît la Louve des Terres de Soufre, que son trépas soit sans repos. » L’effigie terrassée d’une créature luріпе tenait dans sa gueule un parchemin déchiré où l’on pouvait lire cette sentence éternelle. J’imaginais la réaction de l’artiste lorsqu’il apprit que la bestiole rendue à la terre n’était qu’un vulgaire cabot aux dents proéminentes, le chien de chasse du comte Vlad de Nagini-Boasca. La pauvre bête, en tentant de défendre un enfant contre un rituel cannibale – le sacrifice du premier-né en l’honneur d’une entité proche de Moloch – s’était dressée contre son mаîtге. Elle en fut si sauvagement rossée qu’elle mourut d’épuisement et de terreur la nuit qui suivit. Cette lignée portait une réputation effroyable : crimes de guerre, complots, et le cannibalisme de leurs propres membres pour apaiser leur sombre divinité avaient empoisonné leur sang. Une race de vipères, comme le phonème « boa » de leur nom le suggère. Leur fortune leur achetait une survie précaire auprès des pairs du royaume. Mais cela ne durera pas. Un ordre secret, dont je suis le relais, m’a murmuré qu’un complot allait anéantir cet infâme lignage. Il n’attend plus que le moment propice."
Pièce à conviction 67, l'abbé Alberich le défroqué, Fribourg 1741, témoignage extrait des minutes d'un procès pour sorcellerie.