Iaorana tout le monde, après avoir bouclé le voyage autour du Triangle Polynésien !!! Maintenant, on va se concentrer sur la Polynésie Française !!!
L'histoire de la Polynésie française se décompose en plusieurs périodes : avant l'arrivée des Européens, l'évolution vers le Protectorat français, les Établissements français de l’Océanie et enfin l'évolution sous la Cinquième République.
L'hypothèse généralement retenue à l'heure actuelle est celle d'un peuplement de la Polynésie à partir du Sud-Est asiatique.
Vers 3000 av. J.-C., des habitants du littoral de la Chine du Sud commencent à traverser le détroit pour s'installer à Taïwan. Vers 2000 av. J.-C., de nouvelles migrations ont lieu de Taïwan vers les Philipріпеs, puis vers Sulawesi et Timor et de là, vers les autres îles de l'archipel indonésien. Vers 1500 av. J.-C., un autre mouvement mène des Philipріпеs en Nouvelle-Guinée et au-delà, les îles du Pacifique, notamment les îles Fidji. Les Austronésiens sont sans doute les premiers navigateurs de l'histoire de l'humanité.
En ce qui concerne la Polynésie, ce sont les îles Marquises aux alentours du Ier siècle, puis les îles de la Société qui sont les premières atteintes, vers 300 de notre ère, puis, de là, l'île de Pâques (500), Hawaii (900) et la Nouvelle-Zélande (1100).
Le 24 janvier 1521, le Portugais Fernand de Magellan découvre San Pablo, fortuitement, une des deux îles Infortunées, sans doute Puka Puka dans les Tuamotu. En 1595, les Espagnols Álvaro de Mendaña et Pedro Fernández de Quirós découvrent les îles Marquises. Le 4 février 1606, Quirós découvre le groupe Actéon, puis le 10 février 1606 Hao. En 1616, les Néerlandais Jacob Le Maire et Willem Schouten sont à Takaroa, Taкароto, Ahe et Rangiroa. Puis plus aucun contact avec les Européens pendant un siècle.
Le 2 juin 1722, le Néerlandais Jakob Roggeveen découvre Makatea et, le 6 juin 1722, Bora Bora. Charles de Brosses nomme Polynésie les îles des Terres australes en 1756. Le 5 juin 1765, le Britannique John Byron est à Napuka et Tepoto. Le Britannique Samuel Wallis découvre Tahiti en 1767, suivi par le Français Louis Antoine de Bougainville en 1768. En 1769, le Britannique James Cook explore l'archipel de la Société puis découvre Rurutu. Il revient en 1773, 1774 et 1777. Parallèlement l'Espagnol Dоmіngo de Boenechea arrive à Tahiti en 1772, puis en 1774 pour installer une mission permanente. Cette mission échoue comme le raconte Máximo Rodríguez, et tous repartent en 1775. En 1788 le Bounty du capitaine Bligh fait escale pour acquérir des plants d'arbre à pain pour les Caraïbes ; mais l'équipage se révolte ; les mutins restés à Tahiti sont arrêtés en 1791 par la marine anglaise, à la différence de ceux qui se sont réfugiés à Pitcairn. Le 5 mars 1797 – date qui est encore commémorée à Tahiti –, a lieu l'arrivée d'une mission anglaise de la London Missionary Society, avec 4 pasteurs et 14 artisans et agriculteurs, dont Henry Nott (1774-1844). Refoulée de Tahiti, la mission s'implante avec succès à Moorea où elle alphabétise les indigènes et traduit la Bible en tahitien.
Le contact avec les Britanniques profite à l'arii Tu (ca 1750-1803), chef du district de Porionuu, où se trouve le mouillage le plus pratique, la baie de Matavai. Pourvu d'armes à feu grâce aux Anglais, il acquiert une influence prédominante à Tahiti sans prendre cependant le titre de arii rahi détenu par Amo (ou Eimao), du clan Teva. Tu change cependant son nom en celui de Pōmare et fonde le royaume de Tahiti en 1788.
Le règne de Pōmare II (1815-1821)
Son fils Pōmare II (1782-1821) se heurte à l'opposition des autres arii et doit se réfugier à Moorea où il se convertit au christianisme. De retour à Tahiti, il s'impose comme roi de l'île en infligeant au frère d'Amo une défaite à Punaauia (victoire dite de Fei Pi, 1815).
Deux grandes mesures marquent son règne, placé sous la protection des pasteurs britanniques[1] : l'interdiction des cultes traditionnels ; l'institution du Code Pōmare, dans lequel se mélangent la Bible, les lois anglaises et certaines coutumes tahitiennes. Les Tahitiens deviennent à leur tour protestants.
Le règne de Pōmare IV. La période britannique (1827-1842)
Pōmare III (1820-1827) ne règne que six ans, sous le contrôle d'un régent. Sa sœur ‘Aimata lui succède, qui devient la reine Pōmare IV (1813-1877). Elle tente d'abord un retour vers la société traditionnelle avec la secte des Mamaia, mais c'est un échec. Les arii chrétiens lui imposent leur contrôle et gouvernent en accord avec le consul anglais, le pasteur George Pritchагԁ. Durant cette période, la baie de Papeete, lieu d'implantation d'une mission en 1818, devient le mouillage principal de l'île ; une agglomération active s'y développe. La résidence des Pōmare reste d'abord à Arue, puis à Tarahoi sous Pōmare IV.
En 1834, une mission catholique française (ordre des Pères de Picpus) s'implante aux îles Gambier ; elle est refoulée de Tahiti en 1838. Or, c'est l'époque où se développe une politique française dans le Pacifique, dans le but de limiter l'extension de la ԁоmіпаtіоп britannique, installée en Australie et qui prend le contrôle de la Nouvelle-Zélande en 1840.