Alison-Emma, tu ne peux pas savoir, mais tu peux le présumer, combien tu me fais рlаіsіг, en portant ton choix sur ce Fado, que j’estime un des plus beaux qui soient.
Oui, triste, dramatique, disant l'attachement - non pas patriotique mais sепsuеl - au Portugal, à sa terre, à son peuple.
Ce texte est d'une intensité extraordinaire. Pour moi, il est une pierre de touche qui détermine la qualité de fadiste, et à quelle hauteur l'on se place.
Amália Rodrigues - bien évidemment - en a fait, sur scène, au moins, une interprétation sublime. Mais, je n'entends pas, par là, que Dulce Pontes démérite, loin de là, son interprétation est juste, et sincère, et quand la sincérité est au rendez-vous dans le Fado, c'est l'essentiel qui permet tout le reste : les modulations, la diction, le phrasé, les effets dramatiques retenus, ...
MERCIOui, tu es une fadiste : n'est pas fadiste seulement celui qui pince les cordes et celui ou celle qui chante, mais celui ou celle qui se met dans la disposition de recevoir un Fado, et d'en être ému(e).
Vous tous et toutes, plus bas vous excuserez, ce sont les conditions de la prise de son en public, et le son est amorti, la salle n'a pas la meilleure acoustique, ou les micros sont mal placés, la voix d'Amália n'est pas mise en valeur, mais laissez-vous prendre par une soirée de Fado !!!
Oubliez les défauts de la prise de son !!!Observez avec quelle tendresse Amália prononce le mot "povo", "peuple", dans son attaque : c'est bouleversant comme elle peut transmettre l'amour de son pays, sans les grands mots "patriotiques" qui soumettent cette affection à ce qui la déforme et la détourne.
Comment ne pas aimer le Portugal ???
http://www.jukebox.fr/amalia-rodrigues/clip,povo-que-lavas-no-rio,q00smz.html------------------------------------------------------------------------
Alison-Emma fait allusion à ce qui a séparé le Portugal et les colonies africaines du Portugal, une guerre coloniale abominable - tant pour les peuples africains que pour les appelés du contingent portugais -, pendant plus de dix années, jusqu'à ce le Mouvement des Forces Armées abatte le régime fasciste, le 25 Avril 1974, et que le peuple portugais entre en scène, et que l'on en arrive - enfin, un an après !!! - à l'indépendance des colonies portugaises (que le dictateur António Oliveira de Salazar avait placées sous le statut de "provinces d'outre-mer, de manière à nier le colonialisme de son régime).
Il vient de mourir, au Portugal, Eusébio da Silva Ferreira, grand joueur de football, pour lequel trois jours de deuil national ont été décrétés.
Comme l'a déclaré le poète et homme politique Manuel Alegre : "En un temps où la dictature semait la mort, et la misère, et où la guerre déchirait le Portugal d'avec le Mozambique et l'Angola (entre autres), Eusébio aura été un trait d'union".
Né à Lourenço Marques (c'était alors le nom de la capitale du Mozambique, Maputo), engagé vers les dix-sept ans au club de Benfica, il aura été le premier joueur noir à être sacré champion de l'année, il aura rapporté à l'équipe de Benfica onze titres nationaux, plus de six cents buts marqués : au-delà de ce qui est convenu dans les deuils, il y a une véritable admiration et une grande tristesse des Portugais pour Eusébio, des milliers l'auront accompagné au cimetière, et même Monsieur Pedro Раssos Coelho - le premier ministre d'ordinaire si insensible aux conséquences désastreuses de sa politique antisociale - semblait ému, c'est dire !
Tout ceci pour écrire qu'un homme comme Eusébio da Silva Ferreira aura réussi à concilier ses deux pays, sa terre natale et son pays d'adoption.
http://www.gentside.com/football/mort-d-039-eusebio-da-silva-ferreira-la-panthere-noire-du-football-portugais_art57835.htmlJ'aime le Portugal qui sait adopter Eusébio da Silva Ferreira ; comme j' aimerais que la France ressemble à ce Portugal-là, et non à la France de Monsieur le ministre de l'Intérieur, Monsieur Valls.